lundi 21 mai 2018

Carré 96 ter verdier




Prolonger par le biais des bis ter écrire écrire sans dépasser le terme fixé mais agrandir le trou dans le grillage tout bien calculé le 100° carré sera fait le 24 mai jour où nous embarquerons une table à écrire pour la maison de redortiers nous n’aimons pas nous voir nous défaire ainsi petit à petit de ce que nous avons été en surface de peau peut-être aimons-nous davantage que nos yeux regardent toujours avec le même étonnement préalable à toute écriture en face du chant du verdier du vol de la huppe ou des jeunes morts il y a cet arrêt qui va permettre à nos pas de poursuivre notre lecture du livre jaune posé sur la table que nous avons dérouillée et vernie moitié or moitié terre de sienne devenue une sorte de plateau d’écriture et de lecture par la grâce d’un livre à la belle couverture des fils se tressent qui m’ont conduite jusqu’à m sur m m’ont donné sursaut malgré l’état fiévreux mélangeant de la poudre d’indigo avec mes doigts pour i.b. et sa ronde textile faisant des essais mouillant colorant déchirant les bandes d’intissé donné par s. et r. p. rêvant d’une ligne qui joindrait un peu de sud au nord je suis allée chercher la scie pour débiter le rouleau en bandes n’y parvenant qu’avec difficulté j’ai décidé d’attendre f. pour lui demander de l’aide et s’il ne serait pas préférable d’user d’une scie électrique ce qui le fit sourire non non une bonne scie à main bien affûtée je le ferai demain matin à mon tour j’oeuvrerai évidemment que tout finit et mon beau hier en chemin s’achèvera j’en suis à la page 404  là-bas à errer entre ici et en même temps que le centième carré

(20 mai)

samedi 19 mai 2018

Carré 95 culinaire




Commence par écosser des petits pois et finis par les croquer ni écosse ni escroquerie aujourd’hui simplement le collier de billes vertes de ma défunte mère longtemps a servi à l’enfant pour la soupe de petits pois à cuisiner au petit feu de sa passion culinaire la petite copine arrivée dès le matin s’étonne devant lui c’est pas des petits pois c’est un collier et de vouloir s’en orner le cou puisque collier il y a or ce collier n’est qu’un fil emperlé de billes vertes de la taille d’un petit pois ce qui longtemps fut pour l’enfant une meilleure manière de l’utiliser qu’en bijou d’un sou brisé de surcroît au cou le collier ne tient pas ce qui est bien la preuve que ce n’est qu’enfilé de petits pois que cet objet a une valeur mais la petite tient bon et le petit aussi ce qui donne lieu à un échange de mots puis d’agaceries minuscules que l’enfant conclut en disant tu me les prêteras mes petits pois la petite acquièsce vaguement sans s’engager plus avant dans la querelle et redit c’est un collier nous prenant l’enfant et moi pour d’étranges bouffeurs de mots ce que nous sommes aussi ce matin de la ferme j’ai ramené des petits pois vrais ceux-là et bio par-dessus le marché que nous avons mangé crus en apéritif comme on le fait en finlande où j’ai découvert cette manière de les croquer le premier été où nous y étions partis à cette époque j’écrivais un été de reine en finlande ignorant que mon roman aurait peu de succès mais contente d’avoir grâce à lui connu un pays où je retournerais plusieurs fois et jusqu’en laponie pour dessiner en souvenir de c.d. des logoneiges tout en zieutant des aurores boréales qu’un ami au beau nom de jonas me montrerait en m’expliquant le phénomène et moi dessinant dans la farine je fais un carré


(19 mai)




mercredi 16 mai 2018

Carré tuilé




Carré 92 tuilé

Comment faire pour terminer ce qui a été commencé depuis 91 jours si ce n’est en collectant des bouts de laine des bribes de paroles des mots pris au vol tel ce verbe tuiler dont un dictionnaire de 1825 donne comme définition examiner un franc-maçon pour s'assurer s'il l'est réellement et s'il est régulier hier une amie m’a proposé de tuiler mes  carrés pour qu’ils tiennent moins de place et aujourd’hui devant tant de difficultés entre allergies et enfant à démerder la lecture de j.s. au matin n’a pu se prolonger que la nuit venue tant de menues occupations comme nourrir laver apprendre la propreté m’ont tenue loin de mon carré quotidien ces lignes cependant notées vite avant de sombrer dans le cadre noir de la fenêtre et la blancheur du drap il n'y a certainement pas de langue propre ou pure dit j.s. à a.e. et plus loin dans un poème il écrit
à cause que le temps est enfin là, pas facile mais familier et qui mêle
La saleté du monde avec sa propreté je peux à la fois étendre le linge entendre le ronronnement du lave-vaisselle dans mon dos tandis que je me hâte de finir mon travail du soir et espérer que ces deux phrases aideront mon éventuel lecteur à me suivre plus avant comprenant peut-être ma hantise de sauter un jour d’écriture sans moquer mon obstination à dresser coûte que coûte un carré sur sa base prenant en compte les deux citations de j.s. dont il me paraît nécessaire d’user aujourd’hui d’abord à cause de la fatigue et ensuite à cause de leur pertinence en rapport avec deux aspects essentiels le temps et la langue la difficulté familière de l’un et l’impureté de l’autre tous deux au centre de tout ce que je tente d’écrire depuis 92 jours et donc 92 carrés

(17 mai)




vendredi 11 mai 2018

Vrac carré 87 noms de famille


 
chien bleu/SD
Carré 87

Les souvenirs en vrac de mademoiselle marie qui était un homme et portait un pardessus elle venait en visite chez henriette la sourde dont le fils mourut crachant son sang dans une bassine en fer ma mère me laissait en garde chez elle des pendus jalonnant le chemin de st jérôme aux chartreux en passant par le cours julien avec la mort de la jeune mère buonocuore au ventre gonflé les noms étrangers du bloc achélème où nous habitions de la grosse madame mère de la signora soprano grand-mère des enfants avec qui je jouais des terzian qui habitaient au premier et dont j’ai appris à cuisiner un couscous nous habitions au quatrième sans ascenseur aujourd’hui le désert campagnard m’entoure au point que voir trop de visages m’effraie en bas où nous jouiions c’était bruyant et animé les soirs de beau temps on disait qu’il y avait des trafics en tous genres marseille ressemblait à la naples du roman que je viens de terminer le quartier était à la fois un monde et le monde on y mourait on y naissait on se mariait il y avait aussi les zammut dont le fils était aussi beau que leurs chats mais qui allait mourir jeune la déglingue rôdait là comme au plus bas la débrouille aussi pourquoi mon carré se veut-il  marseillais ce matin surtout parce que je m’aperçois que je ne sais rien de cette ville que du quartier où j’ai passé toute mon enfance de ma famille rien à raconter que des bribes élie-marius qui faillit mourir fusillé pour avoir avalé de l’acide picrique du capitaine durbec du vaisseau La Colombe au XVIII° siècle léon mon père aucun arbre pour y accrocher mon ignorance lambeaux vivants peaux et papiers mêlés aux artères de la ville aussi bleue que son ciel et la robe de marie mère disant ça en son temps et aujourd’hui un seul carré ne suffira pas tant la matière nocturne sous les os se dépose et demande à poursuivre son galimatias au delà de ce 87° carré

(11 mai)







mardi 8 mai 2018

Carré 84 / jmgleize, tmodotti, matwood





Si je double le nombre de carrés ou plutôt si chacun des carrés est bissé comme le 83 j’en ai encore 34 à écrire l’inquiétude comme l’orage s’éloigne ce matin la pluie renoue avec le jardin mon humeur rejoint sa verticalité tandis que je cherche des raisons de prolonger cet exercice de funambule la maison a pris la forme d’un carré de silence tout est retenu le regard est captif du léger tremblement des feuilles de l’althéa provoqué par la pluie à défaut des oiseaux qui battent en retraite le verdier caché ne chantera pas rien ne bouge à part le défilement vertical de l’eau je chuchote en face de l’écran gagnée par le suspens pourtant le mouvement est au programme j.m.g. ouvre le chemin des cabanes s’efface un peu pour me faire place tout entre temps est devenu vert si vert que le paysage est méconnaissable comme on dit d’un visage changé alors je reprends courage l’auto et moi nous filons retrouver la jeunesse qui nous attend au bout de ce carré et la nuit aussi celle qu’on espère atteindre les yeux grands ouverts mais d’abord faut traverser beaucoup de visages en ruine et de maisons très laides peu de cabanes en ces endroits around périphériques surpopulés auxquels toujours préférer le désert mais y aller de sa petite vitesse vers l’aimée pour caresser sa voix boire avec elle un peu des oiseaux que nous aimons en italien et en anglais manger aussi entendre la belle raconter t.m. donner son avis sur elle seulement 400 photos c’est trop peu lit m.a. et découvre que je l’aime aussi je la vois caresser les tissus dont sa main s’enchante et au parc de la ville trouver livre à donner moby dick en anglais à couverture rouge vraiment je peux le prendre vivement le glisser dans mon sac devenu le sien vert et carré

(8 mai)

jmgleize, tmodotti, matwood

jeudi 19 avril 2018

Carré 65




En plein air écrire un carré de plein vent face au vert à la colline aux cyprès pointés droit prêles dans l’eau assise sur cul comme toujours à écouter la montée du vent dans les branches du peuplier solitaire seul rescapé des tempêtes à guetter les iris frémissants de v. g. aujourd’hui est un jour plein première phrase après la lecture de l.n. et l’appel de d. h. me confirmant que mes rêves au nombre de 50 vont être publiés dans une revue américaine je lui parle des poèmes de l’oregon du vent aussi et de la géologie une odeur de fumée traîne par ici nous avons ramené 3 superbes géraniums de f. un rouge un rose un blanc drapeau bizarre que ne déparent pas les fleurs de l’arbre de judée le vent s’insinue sous mes aisselles et les rafraîchit un printemps-été cette année redoutant que tout change comme souvent je ne me suis pas réfugiée dans la carabanne pour laquelle je cherche des rideaux je n’écris pas non plus au plein soleil qui tape sur le pré malgré l’envie de rejoindre l’abri sous le tulipier et le mûrier où nous aimons nous reposer au plus fort de l’été je suis assise au bord du banc de bois en équilibre une lessive tourne je reste immobile seules mes mains sur le clavier bougent à peine pour tracer les limites du poème je ne veux pas polémiquer sur ce qui fait poésie ou pas je ne suis pas en mesure de traquer des indices comme un limier sur la piste les mots morts ne m’intéressent plus sitôt sortis du sac certains meurent très vite et d’autres résistent le plus souvent enfermés dans des livres au format carré


(19 avril)

mardi 17 avril 2018

La présence de Lili se poursuit ici avec sur la table son carnet sans bord.




Merci à Antoine G. de ses belles images, aux amis et amies venus.
Nous avons encore quelques exemplaires du carnet sans bord.
Que ceux qui ne l'ont pas encore fait pensent à soutenir l'association en versant une cotisation.
Nous nous retrouverons en juin pour au moins deux rendez-vous et déjà vous pouvez noter le ouiquinde du 20 septembre pour fêter le sdix ans de la petite Libaririe en compagnie de la performeuse allemande Gabriele Hassler
que j'aurai le plaisir d'accompagner pour une performance franco-allemande!